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Serge Sandor - Des enfants maltraités à « Roméo M Juliette »

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/ Des enfants maltraités
à « Roméo M Juliette » /
Serge Sandor

 
  • action : ateliers de théâtre
  • public : mineurs et jeunes majeurs de quartier, mineurs en foyer, en centres éducatifs sous contrôle judiciaire PJJ
  • nom des structures invitantes :  Maisons de quartier à Nevers et Auxerre. MECS (maison d’enfants à caractère social) etCentre éducatif renforcé de Gurgy, classe relais de l’Éducation nationale, IME.
  • lieu des tructures d'accueil : Nevers (58), Auxerre, Gurgy et Coulanges-sur-Yonne (89)
  • nombre de personnes : une centaine
  • date : octobre 2015 à novembre 2016
  • durée des ateliers : hebdomadaire et résidence de 6 à 12 jours sur les vacances scolaires et 5 fois par semaine en septembre 2016 jusqu’à la création en octobre 2016.

 

Serge Sandor Atelier1

 

Quatre projets d'ateliers

Les enfants des Vermiraux
De la scène à l’image et les 7 péchés capitaux
La dispute.com
Roméo M Juliette

 

Contexte

En 2010, je me retrouvais dans le Morvan suite à la thèse d’Emmanuelle Jouët, chercheuse en sciences sociales, pour travailler sur une terrible histoire de maltraitance : en 1911, à Quarré-les-Tombes dans le Morvan, des orphelins de l’Assistance publique maltraités et exploités, se rebellent contre leur institution. Un procès à sensation qui dura 10 ans et aboutira en 1911 à la condamnation de leurs tortionnaires. Pour la première fois des adultes furent condamnés pour maltraitance.

De là est née la pièce la pièce Les enfants des Vermiraux dont nous avons joué la deuxième partie dans le tribunal d’Avallon, où un siècle plus tôt avait eu lieu ce procès effacé de la mémoire collective et qui ressurgissait grâce à cette création théâtrale.

 

Acte I : une diversité de publics mêlant les générations

Ont participé à cette création des jeunes d’un collège, d’une école amateur d’Avallon, cinq détenus lors du premier atelier mixte créé en France dans la prison de Joux-la-Ville, une dizaine de jeunes du foyer la Maison d’Auxerre et d’un centre éducatif.

Nous avons joué sept fois le spectacle à Avallon, Quarré-les-Tombes et dans la prison de Joux-la-Ville.

 

Acte II : le projet intéresse d’autres structures et se développe

Par la suite, le foyer la Maison comme le centre éducatif d’Auxerre ont souhaité renouveler leur collaboration sur 2012-2013, et ont entraîné avec eux d’autres foyers sur Auxerre, Coulanges-sur-Yonne, ainsi que le Centre éducatif renforcé de Gurgy. Avec eux, nous avons réalisé des courts-métrages et monté des créations scéniques dans le village de Gurgy : De la scène à l’image et les 7 péchés capitaux. Une centaine de jeunes a participé à ce projet. La presse comme sur Les enfants des Vermiraux, s’en est fait écho de belle manière.

 

Acte III : le projet se démultiplie

En 2014, poussés par l’engouement des directeurs et des éducateurs de foyers, de centres éducatifs, d’instituts thérapeutiques et des acteurs en herbe, nous avons relevé un nouveau défi artistique : la création d’une œuvre théâtrale classique, La dispute.com d’après Marivaux, créée au Théâtre de la Tempête (dix représentations) puis à Avallon et à Nevers.

Aujourd’hui sur la Nièvre et l’Yonne, nous démarrons une nouvelle aventure artistique aussi ambitieuse que les précédentes sur plus d’un an, avec des jeunes issus des quartiers d’une classe relais de l’Éducation nationale, de foyers et de centres éducatifs pour la partie décor et costumes. Il s’agit d’une création théâtrale et d’une vidéo inspirée du Roméo et Juliette de Shakespeare. Nous souhaitons confronter ces jeunes à ce texte classique, tout en les ouvrant à une création contemporaine qui leur ressemble, avec des libertés d’adaptation et d’écriture.

 

 Serge Sandor Atelier Vermireaux

 

Les difficultés rencontrées
par les jeunes

 

La plupart de ces jeunes n'ont jamais eu accès à la culture et encore moins au théâtre et leur connaissance en sera renforcée. Les jeunes des maisons de quartier de Nevers et Auxerre, une trentaine, seront donc les acteurs de la pièce. D’autres sous contrôle judiciaire de la PJJ ou en foyers sont en situation d’extrême fragilité. Ce sont eux qui construiront les décors, les masques, les accessoires de scène et les costumes au travers d’ateliers techniques durant plus d’un an. 

Nous les initierons aussi à la découverte du théâtre classique par des rencontres et débats avec l’équipe du Centre dramatique national des Tréteaux de France et quelques artistes invités, dont Bibi Naceri, à travers des projections de films.


Serge Sandor Atelier2

 

La méthode

 

Ces jeunes suivent pendant plus d’un an des ateliers d’art dramatique, de chant, de danse, de construction de décors et de costumes jusqu’à la création finale. Dans leur grande majorité, ils découvrent pour la première fois le théâtre et ses divers métiers. Ils abordent une culture classique sur un mode ludique, une nouvelle manière de s’exprimer, de prendre la parole pour mettre de côté la violence qui les accompagne. Ils deviennent des acteurs à part entière. Nous faisons appel à leur exigence et à leur talent dans un cadre, à la fois ouvert et très contraignant.

 

Les ateliers techniques

Pour intéresser les jeunes à la création du décor ou des costumes, nous leur proposons, à l’UEAJ de Nevers suivis par des éducateurs techniques, de concrétiser leurs idées sur le papier et en maquettes. Ils construiront différentes maquettes à 1/10e des deux maisons sur roulettes.
Ce sera aussi l’occasion à l’issue de ce travail de faire une exposition publique à la MCNA de Nevers en janvier 2016. Que leur travail soit vu est le meilleur biais pour les valoriser et leur donner le sentiment qu’ils appartiennent à ce projet théâtral au même titre que les acteurs en herbe.

 

Les ateliers de théâtre et de chant

Les premiers mois des ateliers, nous travaillons sur des jeux de l’acteur, les ruptures de jeu et des improvisations où les jeunes peuvent s’exprimer sans tabous.

Au départ, « tout est permis », aucune bride, même dans leur violence verbale. Une fois la confiance installée, nous les canalisons vers des improvisations qui s’éloignent petit à petit de leur univers pour que leur parole soit plus affinée et plus théâtrale. On leur demande alors de composer des personnages qui ne leur ressemblent pas, voire des adultes. Le cadre se ressert et les exigences deviennent plus fortes. Nous les poussons à écrire leurs propres improvisations, celles que nous avons choisies pour la qualité du jeu ou de la dramaturgie, et nous faisons alors de courtes restitutions publiques pour les familles et les proches.

Nous attendons que six mois d’atelier passent pour leur faire découvrir un texte classique qu’ils auraient de prime abord refusé de lire ou de jouer. Pour approcher Roméo et Juliette, et leur présenter Shakespeare, nous visionnons d’abord une filmographie : Le Roméo de Di Caprio, ou encore West Side Story.

Le spectacle est l’aboutissement de plus d’un an d’atelier. La confrontation avec un vrai public est indispensable pour qu’ils réalisent « qu’ils ont réussi » – la récompense des applaudissements, d’un public anonyme et enthousiaste. Le spectacle leur permet de mesurer le travail accompli, d’affronter le regard du public, un moment extrêmement fort et constructif. D’ailleurs aux prémisses du projet, les parents sont souvent incrédules quand l’un de ces jeunes leur dit : « Je fais du théâtre et c’est d’la balle ! » Le temps fera aussi que la mixité s’installera, car au début les filles et les garçons ne se mélangent pas, même dans le cadre des improvisations.

La méthode qui fonctionne est celle de « l’entonnoir » : au départ tout y passe pour au fil du temps se resserrer, filtrer et ne garder que le meilleur de ces jeunes qui vivent souvent dans des déserts culturels. Au départ, ne rien refuser, puis avec le temps les porter vers l’excellence, la rigueur, la ponctualité et la responsabilité de leur rôle dans la création finale, cerise sur le gâteau !

 

Serge Sandor Atelier Romeo Juliette

 

L'expérience théâtre,
une évolution rapide et optimale
pour ces jeunes

 

Du point de vue de la maîtrise de la langue

Ils prennent enfin conscience que leur vocabulaire est bien plus riche que celui de leur quotidien, trop souvent limité aux registres de la vulgarité ou du langage des « jeun’s », verlan et autres dialectes issus des textos et des réseaux sociaux. Ils découvrent une langue plus châtiée, dont l’utilisation leur paraissait auparavant ridicule. Le théâtre leur ouvre cette porte dans la prise de parole en public, car sur scène le ridicule ne tue pas.

Du point de vue de leur sociabilisation

La notion de troupe leur permet d’être plus tolérant, plus solidaire, l’apprentissage du travail en groupe, de casser leurs préjugés et d’accepter les défauts des autres. Lors de ces créations, les jeunes retissent un lien social à travers l’équipe professionnelle et leur investissement personnel. Pour certains, c’est l’occasion de se réconcilier avec leurs proches qui portent alors un nouveau regard sur eux ; ces projets changent aussi le regard de l’autre. Ils retrouvent confiance, un certain calme, le travail de mémorisation, de concentration, l’immobilité, le silence, l’attente… qui les aident à surmonter leurs difficultés et leurs blocages. C'est aussi pour eux une expérience de mixité sociale qui augmente leur capacité d'adaptation.

Du point de vue de leur progression scolaire

Ces ateliers les éveillent à la lecture, à la critique et parfois à l’autocritique et leur parcours scolaire s’améliore nettement durant cette période, comme en témoignent animateurs et les éducateurs. Le théâtre est le lieu qui ne les montre pas du doigt dans leurs échecs mais qui leur redonne le goût du travail personnel et en groupe.

Du point de vue de leur ouverture à la culture

Pour Roméo et Juliette, quelques-uns écrivent des scènes, des chansons. Ce texte met en scène deux adolescents qui parlent d’amour, de passions, de clans, de rivalités, d’exclusion… Ils se sentent concernés. Ces jeunes découvrent qu’ils sont à même d’aborder la complexité littéraire de Shakespeare et les thèmes qui traversent la pièce leur sont alors accessibles. 

Du point de vue de leur estime de soi

Leur droit à la culture est un droit majeur, car il leur permet d’avancer, d’exister, de se défendre, de retrouver l’estime de soi, de progresser dans leurs études, de se découvrir des talents et pour certains, dans leur futur, peut-être un choix de vie ?
Nous les confrontons à un vrai public divers et populaire, et nous les faisons jouer dans de belles salles avec le confort de loges et d’équipements techniques de qualité, accompagnés d’une équipe de professionnels confirmée, de la mise en scène en passant par le chant, la vidéo, la danse, les décors, la peinture, les éclairages, les costumes, les maquillages…

 

Les représentations de Roméo et Juliette, 2016

Répétition publique, salle Stéphane Hessel, Esgo de Nevers : samedi 15 octobre à 18h
A la Maison de la Culture de Nevers (MCNA) : samedi 29 à 20h et dimanche 30 octobre à 17h
Au Théâtre de l'Aquarium / Cartoucherie de Vincennes : vendredi 21 à 20h, samedi 22 à 20h et dimanche 23 octobre à 16h
Au Skenet'eau / Monéteau (près d'Auxerre) : samedi 5 novembre à 20h

 

Serge Sandor Atelier Romeo Juliette Presse

 

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