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#PayeTonAuteur

Le mouvement #PAYETONAUTEUR a été lancé sur les réseaux sociaux par la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse, le Groupement des Auteurs de Bande dessinée (SNAC), et porté par les YouTubeurs et les lecteurs, en réaction au refus de Livre Paris, "le plus grand événement du Livre en France", de rémunérer les auteurs pour les plateaux, rencontres et interventions.
Philippe Touzet, Président des Écrivains Associés du Théâtre (E.A.T), Membre de la commission Théâtre du Centre National du Livre et Membre du jury des Grand Prix de littérature dramatique et littérature dramatique Jeunesse (Artcéna) 2016-17, se joint à leur combat.

 

"On demande de plus en plus aux autrices et aux auteurs de théâtre de travailler gratuitement. À titre gracieux, pour faire plus joli, pour que dalle, pour être plus direct. Les exemples sont multiples et variés, le génie humain est sans limite quand il s’agit d’exploiter son prochain. Ça va de la commande d’écriture, pourquoi se gêner, à la lecture d’une de vos pièces dans un théâtre... En passant par la participation active à des manifestation littéraires, la réécriture d’un texte, l’animation d’un atelier d’écriture, rencontre en bibliothèque, milieux scolaires, conférences, organisation de lectures, d’événements, et aussi toutes sortes d’animations pour lesquelles l’auteur n’est pas formé mais qu’on lui demande toutefois d’effectuer afin de privilégier le fameux tissu social au sein de la Cité. Dans le meilleur des cas, l’auteur est perçu comme un animateur socioculturel qui a un avantage certain sur les animateurs diplômés, celui de coûter moins cher. 

Parler d’argent avec une autrice, un auteur, c’est d’une vulgarité…Et puis l’auteur est toujours content, content d’écrire, de participer à des événements, de rencontrer du monde, ce solitaire indécrottable. Il est heureux de voir son nom, en tout petit, en bas à droite d’un prospectus…Alors pourquoi le payer ? On risque de le vexer. 

Il faut dire aussi, soyons honnête jusqu’au bout, que les autrices et les auteurs de théâtre vivent grassement de leurs droits de représentations et se font un max de fric grâce à la vente de leurs bouquins. Alors pourquoi les payer pour d’autres actions, c’est limite indécent. Un peu de bénévolat, de militantisme ne peut que faire du bien. 


Chères autrices et chers auteurs de théâtre, si à partir du 5, vous avez des problèmes de fin de mois, je me permets de vous donner, en toute confraternité, quelques conseils…



- À la fin du mois, j’envoie un quatrain joliment troussé à mon propriétaire qui s’en trouve si bouleversé qu’il m’en demande un autre pour le mois d’après… 



- Dans les grandes surfaces, je montre ma carte SACD et la caissière, en larmes, me laisse passer… Pour les gros achats, écran plat, canapé en cuir, un autographe est vivement conseillé. 



- Chez le crémier, c’est simple, une livre de beurre contre un livre.



- Chez le marchand de chaussures, un poème en alexandrin suffit amplement. 



- Au restaurant, une photo avec le patron est inévitable. 



- Pour l’amour et l’eau fraîche, c’est d’une facilité confondante…Il suffit d’annoncer à l’être aimé(e) que vous êtes autrice, auteur de théâtre et c’est gagné d’avance ! En effet, qui résisterait à la perspective de vivre dans le luxe et la sérénité, loin du fatras du monde et de la misère, avec l’homme ou la femme qu’on aime… Pour l’eau, voir mon premier exemple, quand on vous offre le loyer, il est de très mauvais goût de payer les charges.



Voilà… La plupart des auteurs de théâtre vivent dans la précarité. Il faut le dire, l’écrire. C’est la vérité. 

Il est tellement aisé d’affaiblir ceux qui sont faibles."

Philippe Touzet 

Président des Écrivains Associés du Théâtre (E.A.T)

 

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