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Billet du mois - Avril 2021

Billet du mois - Avril 2021

Voici un an que la pandémie est entrée dans nos vies, avec son cortège de drames individuels et collectifs, et c’est un bien triste anniversaire. Ce qui devait relever de l’exception et du provisoire s’installe dans la durée et devient la règle.

Pour les autrices et les auteurs, la crise sanitaire s’est couplée à une réforme en cours et au long cours sur leur statut administratif, réforme annoncée depuis plusieurs années, dénoncée dès le départ par les E.A.T comme infiniment complexe, susceptible de créer désordre, lenteur, et chaos.

La transformation de l’Agessa, au profit du tristement célèbre URSSAF Limousin pour la gestion de nos cotisations sociales démontre que nos craintes étaient, hélas, fondées. Il appartient aux organisations professionnelles, syndicales, associatives ou consacrées à la gestion collective de continuer à signaler les innombrables dysfonctionnements rencontrés par nos membres auprès des ministères concernés, et à travailler ensemble pour les résoudre afin que les autrices et les auteurs ne soient pas spoliés de leurs droits sociaux. A la décharge des agents de l’URSSAF, le statut de l’auteur est infiniment complexe, car il recouvre une multitude de réalités différentes dans l’exercice du métier.

Certaines organisations affichent comme objectif de créer un seul statut pour l’ensemble des artistes auteurs, indépendamment de leur secteur d’activité. Et de regrouper la représentation au sein d’un Centre National des Artistes-Auteurs, sur les bases du code du travail en matière de représentativité, proposition du rapport Racine que n’a pas retenue le Ministère.

Aux E.A.T, nous constatons que nombre d’assertions de ces organisations, à grand renfort de presse, sont inexactes. Nous sommes nombreux à penser que ce projet serait contre-productif pour les autrices et les auteurs, particulièrement dans notre secteur, celui du spectacle vivant. Nous pensons enfin que pour peser au mieux dans la défense de nos intérêts, il faut nous appuyer sur une politique dynamique vis-à-vis de nos partenaires au sein de notre secteur. Et notamment vis-à-vis de la SACD, du CPE, du ministère, du CNL mais aussi du SNMS, de l’AAFA, du SYNAVI, des Chorégraphes Associé.e.s

Cette politique porte ses fruits et nous permet d’infléchir les décisions gouvernementales en matière d’aides d’urgence. Vu la situation catastrophique de la culture et du spectacle vivant en particulier, toutes nos forces sont consacrées, d’une manière ou d’une autre, à accompagner nos adhérentes et nos adhérents pendant cette crise interminable : je veux saluer ici l’engagement permanent (et pour beaucoup quotidien) de nos salariés, du bureau et du Conseil d’administration dans l’accomplissement de cette tâche.

Nous croyons que la situation de la culture de demain ne peut s’envisager qu’à la lecture des évènements d’aujourd’hui. Cette crise sanitaire révèle très clairement la place accordée au secteur dans les politiques européennes et gouvernementales, ainsi qu’à la confusion entretenue entre culture et industrie culturelle.

Deux visions s’affrontent : celle du droit d’auteur, cher à Beaumarchais, qui stipule que l’auteur est et reste propriétaire de son œuvre, de son contenu et de son devenir. Et l’autre, celle du copyright, qui permet de céder définitivement l’intégralité de ses droits, y compris celui de modifier l’œuvre, en privilégiant plutôt dans les faits un statut de salarié pour les auteurs. C’est aussi pourquoi il faut distinguer le mot « auteur » qui relève du Code de la propriété littéraire et artistique, de celui d’ « artiste-auteur » qui relève du code de la Sécurité sociale.

Chacun de ces systèmes a des avantages et des inconvénients, mais rappelons tout de même que le statut de salarié crée de fait, un lien de subordination entre employé et employeur.

Ainsi, les E.A.T se battent au quotidien. Dans ce combat, les négociations en cours sont rarement évoquées dans le détail, dans la mesure où ce genre de travail, tant qu’il n’a pas abouti, supporte mal la publicité.

Pour renforcer la visibilité des autrices et des auteurs, nous marchons debout vers nos deux buts fondamentaux : l’un consacré à la défense de nos intérêts par le biais de l’action syndicale, l’autre consistant à maintenir autant que possible nos actions culturelles, nos actions relevant de l’éducation populaire et les commandes aux auteurs.

Sur ce terrain, la situation est extrêmement difficile et alourdit aux E.A.T la charge de travail qui y est consacrée pour un résultat souvent frustrant. Néanmoins, l’utilisation et l’apprentissage de la visio –conférence permet aussi parfois de passer de beaux et riches moment de culture, ensemble.

Toutes les femmes et tous les hommes de spectacle ne peuvent que souhaiter la réouverture la plus rapide possible des théâtres, afin de pouvoir se consacrer à l’essentiel : que le spectacle continue, que nous nous retrouvions ensemble, en vrai, artistes, techniciennes et techniciens, spectatrices et spectateurs, pour vibrer à l’unisson.

En attendant que ces moments - nos raisons d’être - puissent à nouveau advenir, rappelons-nous que si les E.A.T existent depuis plus de vingt ans, et existent encore malgré la violence de cette crise, c’est aussi parce que nous sommes une sorte de famille qui sert, de fait, à lutter contre la solitude propre aux autrices et aux auteurs, particulièrement quand les temps sont durs. Les outils numériques des E.A.T sont à disposition pour entretenir nos liens et pour que chaque membre de la famille puisse donner de ses nouvelles à tous les autres : une excellente façon de traverser la crise. Portez-vous bien.

Vincent Dheygre, président des Écrivains Associés du Théâtre

 

 

 

 

 

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