• Teaser littérature
  • C'est bon. E ok. Rendben. This is just a story.
  • Les spectacles de nos adhérents - Avignon OFF
  • Lanceurs d'alerte
  • Avignon Off : Voyages d'auteurs à Présence Pasteur 2019
  • Avignon : lectures à L'Isle80
  • Première Approche #8 - Avignon

Tous les événements >

L'édito du mois par Sophie Deschamps - 02/2019

 

 

 

 L'ÉDITO - FÉVRIER 2019

 

« Il est stupéfiant qu’il faille tous se mobiliser pour défendre l’écriture. Sans l’écrit, pas de théâtre, pas de film, pas de fiction, pas d’animation, pas de livre. Le vide absolu. Or, c’est l’écriture qu’il faut défendre dans tous les secteurs de la création. C’est elle qui est sous-payée, sous-estimée, voire méprisée. Et pourtant, certains de ces secteurs sont florissants.
Ce n’est pas qu’il n’y ait pas d’argent investi, mais il n’y a pas d’investissement ou pas assez dans l’entretien de la source même, c’est-à-dire dans l’écriture et la rémunération des auteurs et des autrices.
Pour ce qui est du théâtre, le patrimoine est certes nécessaire, mais pour que des œuvres traversent les siècles, il faut bien qu’il y ait eu des auteurs contemporains. Si la France peut se vanter d’avoir eu Racine, Molière, Marivaux, Labiche, Rostand, Feydeau, Claudel et tous les autres, c’est parce qu’ils ont été joués, ont eu des commandes et des aides. (Au passage, je suis contente d’être de ce siècle, car être une femme au temps de ces grands hommes, comme dirait Carole Thibaut, c’était être moins qu’une crotte.) Les commandes, la création et sa diffusion ne devraient pas être une possibilité mais une nécessité. Une obligation. Un couloir de subvention incompressible. Or, pour l’instant, c’est au bon vouloir, à votre bon cœur m’sieurs dames. Et une commande est généralement un à-valoir, un « reprendre pour un donné ».
Repenser et valoriser la rémunération de nos métiers, car ce n’est pas un hobby que d’écrire mais un métier, c’est la garantie d’un patrimoine dans le futur. Il n’y a pas d’avenir sans présent. Les présidents passent, les ministres de la culture aussi (encore plus vite), les dirigeants des instances et des structures sont aux oubliettes de l’Histoire. Seuls les écrits et les œuvres restent, encore faudrait-il que leurs géniteurs.trices ne meurent pas de faim. Les œuvres de l’esprit demandent des nourritures terrestres. Nous sommes mobilisés mais il est urgent que nous soyons écoutés et entendus."


SOPHIE DESCHAMPS

Autrice de théâtre, scénariste, membre des E.A.T, présidente de la SACD

 

 

retour en haut de page