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Le féminisme par Philippe Touzet

#JournéeDesFemmes #8mars #autricesTheatre

 

 

"Sans être un phallocrate, un macho, on peut vivre sa vie sans soupçonner un moment la dureté au quotidien de l'existence pour une femme. Parce qu'on est un homme dans un monde d'hommes fait pour les hommes.
 
On ne se pose pas de questions dans un monde où on vous donne toutes les réponses dès la naissance. Quand vous êtes un homme.
 
J'ai lu des dossiers, des enquêtes sur la représentativité des femmes dans le monde culturel. J'ai assisté à des débats, des conférences sur la place des autrices de théâtre dans le paysage théâtral français. Et enfin, j'ai vraiment écouté mes amies autrices, metteuses en scène, comédiennes... Elles avaient beaucoup à me dire et je n'avais rien à répondre. J'avais honte. On peut toujours dire mieux vaut tard que jamais... Mais tout de même, j'avais honte de cet aveuglement volontaire dans lequel je m'étais enfermé durant toutes ces années.
 
Quand je suis devenu président des Écrivains Associés du Théâtre (E.A.T), je n'ai eu de cesse de privilégier la parité au sein de notre association professionnelle. En ce qui concerne les manifestations culturelles mais aussi au niveau structurel, à savoir les membres du Bureau associatif, le Conseil d'administration, les présidences des délégations régionales... Et en quelques années, nous y sommes arrivés, nous l'avons fait, sans crispation, sans engueulade homérique, parce que c'est logique, parce que c'est normal, parce que c'est comme ça. C'est une question de volonté.
 
La volonté, c'est ce qui manque à tous ces directeurs de festivals, de théâtre, à tous ces hommes décisionnaires qui nient la place des femmes dans nos métiers artistiques. Parce qu'ils ne veulent pas des femmes. Ils ne veulent pas que les femmes leur piquent leur place ! Cela peut sembler réducteur comme raisonnement mais c'est aussi pathétique que ça. Ils ont peur, ils sont ignorants. Ce qui semble cohérent car la peur repose souvent sur l'ignorance. Ils sont incompétents. Quand on connaît la qualité, de nos jours, des autrices de théâtre, des metteuses en scène, comment peuvent-ils les écarter, année après année, sans avoir le rouge au front, des programmations, dans les festivals, théâtres, manifestations culturelles ?
 
Je pense qu'il est temps de mettre un terme aux belles déclarations d'intention, aux discours fédérateurs sans lendemain. La plupart de ces théâtres, festivals sont subventionnés... Qu'attend, depuis tant d'années, le ministère de la Culture pour imposer des règles favorisant la présence, à parité, des autrices et des metteuses en scène dans les programmations ? On peut raisonnablement se poser la question.
 
Sans réelle volonté politique, rien ne changera...
 
Certains, certaines en lisant ces quelques lignes vont penser, peut-être, qu'emporté par un élan militant, je force un peu le trait... À toutes ces personnes dubitatives, interloquées par mes propos, je leur propose une expérience... Lisez les programmes des théâtres, les programmations des festivals... Et comptez le nombre de femmes qui sont à l'affiche. Ça vaut tous les discours."

 

Philippe Touzet

Président des Écrivains Associés du Théâtre (E.A.T)

 

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