• PRESENCE - Emmanuelle Soler et le 1er Juin des Ecritures Théâtrales Jeunesse
  • Présentation de la Charte d'Education artistique et culturelle
  • Atelier de mutualisation des outils de création - 22 avril

Tous les événements >

Les voeux du président

-

Au 1er janvier de cette année, beaucoup auraient voulu effacer l’année 2020 des tablettes, et d’abord celles et ceux touchés ou dont les proches ont été touchés par la maladie.

Mais 2020 sera hélas gravée pour longtemps dans les mémoires.  Sans présager du « monde d’après », elle aura été à coup sûr une année charnière, une année pivot.

Remettant en cause la quasi-totalité de nos habitudes et de nos certitudes tant dans le domaine privé que professionnel, la crise sanitaire, comme toute crise majeure, est un révélateur des faiblesses mais aussi des atouts de nos sociétés. Elle questionne nos pratiques et nos raisonnements. Elle met en lumière les profonds bouleversements survenus en ce début de siècle et nous oblige à nous tourner vers l’avenir.

Elle montre, par exemple, combien le pays était impréparé (comme beaucoup d’autres) à faire face, et combien la France est malade de la bureaucratie et de la paperasse. Mais elle montre aussi la capacité des femmes, des hommes, des centres de recherche et des industries à se mobiliser pour chercher et trouver des solutions.

La liste des imprévus et bouleversements dus à la Covid est bien trop longue pour l’établir dans ces lignes, et contrairement à l’année 2020, elle n’est pas close. Elle montre la complexité du monde et met à mal tous les discours binaires.

Le monde est complexe, de plus en plus : la somme des connaissances humaines connait une perpétuelle et énorme inflation et il est bien difficile pour le citoyen Lambda, le vulgum pecus, de se prononcer sur chacun des sujets qui réclament pourtant son expertise.

Mais il subsiste des notions simples, lumineuses, évidentes : nous avons besoin, un besoin vital et irrépressible de beauté, d’art, de lumière, de musique, de lecture, de peinture, de contact, de toucher, d’amour, de regards, de désir, d’empathie. L’Homme est un animal social, il a besoin du groupe. Les humains, tout au long de leur histoire, dans tous les lieux, sous toutes les latitudes, et de tout temps, témoignent à travers leurs réalisations multiples de ces nécessités.

Le citoyen romain se livrait à l’Otium, ce temps de l’étude, de l’écriture, et de la philosophie, consacré à la spiritualité et la contemplation du monde, au « loisir » intellectuel et constructif (Otium Litteratum), au partage des émotions et des idées. Pendant l’Otium, le citoyen comptait les étoiles. Le contraire de l’Otium, c’est le Negotium, le temps des affaires. L’un ne va pas sans l’autre mais si le temps des affaires, certes nécessaire, prime trop longtemps sur celui de l’étude, l’homme dépérit.

En 2021, les combats à mener seront nombreux, compliqués, difficiles. Aussi, sans prétendre que la culture sauvera le monde, je nous souhaite en 2021 des débats créatifs, dans le respect de l’altérité, dont les nuances n’empêcheront pas les passions (et réciproquement), je souhaite des E.A.T tournés vers l’avenir et forts de leur passé, je nous souhaite le groupe uni dans ses diversités, des embrassades, des émotions en pagaille. Je nous souhaite de continuer à considérer, ainsi que l’a confirmé le Conseil d’Etat malgré les apparences, que l’accès à la culture est une liberté fondamentale et qu’elle doit être rétablie le plus rapidement possible.

Je souhaite aux E.A.T une année 2021 vigilante, combative, résiliente, lucide sur le présent et confiante pour l’avenir.

Je vous souhaite de l’énergie dans les têtes et les corps, des complicités dans les regards échangés, de l’encre dans les stylos. Je vous souhaite une année d’écriture, de propositions, de gestes artistiques disant le monde tel qu’il est, et tel qu’il pourrait être.

Je vous souhaite une année douce, chaleureuse, humaine. Et bien sûr la santé !

 

Vincent Dheygre, président des E.A.T.

 

 

 

 

retour en haut de page