Parcours
Née en 1965 à Paris, Rafaëlle Jolivet grandit dans un milieu artistique et intellectuel engagé dans le mouvement de 68; elle fréquente une école « pilote » où elle développe son imaginaire et met en scène sa première pièce, sociale et politique, Les Bouteilles, qui sera jouée au sein de l’école, sur la place de la Réunion (20e arrondissement) et dans d’autres écoles du quartier. Elle écrit ensuite pour ses amies La Mort de Vermeille jouée en appartement avec ses complices. À 12 ans, elle découvre le film Molière d’Ariane Mnouchkine, tombe immédiatement amoureuse de Philippe Caubère et décide de prendre des cours d’art dramatique (Alain Illel, Ada Lonati); elle cherche désormais ses doubles sur scène à travers les grands auteurs et les rôles qui la font vibrer (Antigone, Anne Franck).
Certain.e.s l’ont vue jouer Macha dans le spectacle Paroles concertantes déconcertantes mis en scène par M.-P. Bachelet au Théâtre 13 (2000). Après un passage au comité de lecture de Théâtre Ouvert et cinq années comme journaliste –pigiste au département spectacle d’ARTE, irréductiblement attirée par l’étude des lettres, elle passe logiquement les concours d’enseignement pour transmettre sa passion.
Ce sera au collège en ZEP, puis au lycée où elle est notamment chargée des options théâtre. Elle monte avec ses élèves des spectacles tressant textes du répertoire (Molière, Feydeau, Tchekhov, Duras, Lagarce, Grumberg, Kerangal,…) et écritures collectives.
Après un doctorat en études théâtrales sous la direction de Jean-Pierre Sarrazac sur les écritures scéniques contemporaines, elle publie sa thèse, enseigne à Paris 3 – Censier Sorbonne Nouvelle pendant dix ans, écrit de nombreux articles, participe à des colloques croisant recherche théorique, création contemporaine et école du spectateur.
Menant parallèlement une activité de dramaturge auprès de plusieurs compagnies, elle développe des formations à l’école du spectateur (pour l’ANRAT, et l’Éducation Nationale) et développe sa propre écriture.
En 2020, elle quitte Paris, l’enseignement et sa vie « d’avant » pour créer un Tiers-Lieu culturel dans la Creuse : La maison d’Icelle, où elle s’est installée.