Intervenants
Anouk Drigé
Metteuse en maquette
Lucile Schmitz
Co-Metteuse en maquette
Jeudis midi
12h
Résumé :
Un frère et une sœur en pleine nuit se trouvent tour à tour au bord d’une fosse sur un chemin de campagne, dans une cuisine et à l’avant d’une voiture. Les langues se délient, les reproches fusent, les questions sont proscrites. Comment en est-on arrivé là ? Il aura fallu attendre que quelqu’un meure pour qu’ils puissent enfin se parler.
Inspiré des affaires de Jacqueline Sauvage et Valérie Bacot, ce texte pose une question : quand on est seule abandonnée de tous, peut-on trouver une solution pour espérer survivre sans répondre à la violence par la violence ?
Note d’intention :
La violence qu’on subit nous martèle, nous brise en mille morceaux, les chocs traumatiques altèrent notre mémoire, et la fractionnent. Sans poser de question se calque sur la mémoire morcelée d’une femme, d’une sœur. La chronologie de la pièce en est distordue, c’est au public de remettre l’histoire dans l’ordre pour en trouver l’origine, dans le témoignage éprouvant d’une sœur à son frère. Ce texte cherche à ouvrir les esprits sur des questions encore trop tabou, on y parle d’agression sexuelle, physique, morale, de l’enfance à l’âge adulte, on parle de la complicité des proches lors d’agression sur mineure.
Et surtout on parle de la violence qu’on se retrouve à infliger pour se défendre.
Quel choix avons-nous quand on arrive au bout du supportable ? Quel choix avons-nous quand la vie décide de frapper sur nous dès l’enfance ?
Comment survit-on sans répondre à la violence par la violence ?
On interroge le public en le plongeant directement dans l’histoire de SŒUR. Et c’est cette volonté qui nous a poussé à donner des voix à ce texte qui nous donne envie de crier.
Ils se sont perdus de vue et dans la solitude de la voiture et d’un chemin de campagne, ils vont cracher tout ce qu’ils ont sur le cœur.
Je dis cracher car c’est le travail que l’on cherche à faire autour de la langue proposée par Coralie Nonnenmacher-Guérin, une langue qui veut qu’on la mâche, une écriture fractionnée, des phrases sans ponctuation, qui ne commencent et ne se terminent pas, un aveu total sans essayer de l’enjoliver, ou de l’amoindrir. Tout en l’entremêlant de poésie et d’image aussi sublimes que terribles.
Sur scène on a décidé d’accompagner la volonté de l’autrice et de représenter une SŒUR et un FRÈRE morcelés eux aussi, les rôles ont été divisés en fonction des lieux de chaque scène, comme pour marquer la dissociation de cette nuit là, et de sa vie à elle. On a fait le choix également de toustes co-exister sur scène ; on ne cherche pas à retrouver le sens chronologique de l’histoire mais bien de faire entendre la voix de cette femme, de ces femmes.
Il nous semble important de faire exister ces lieux, le chemin de campagne par la terre, la voiture par la lumière des phares et la radio, et la cuisine par l’action de cuisiner.
Ces lieux existent en permanence car ils continueront d’hanter la mémoire de cette femme.
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Metteuse en maquette
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