Retour aux actualités

Édito du mois de décembre 2022

Un pas de côté

Adepte des projets hybrides, fruits de rencontres nées du hasard (ou malgré le hasard), je constate que subsiste encore, régulièrement, un léger hiatus entre, d’un côté, les appels multiples à l’interdisciplinarité, le foisonnement et l’éclectisme réel des propositions scéniques – au-delà des esthétiques « repérées », répertoriées – et, de l’autre, la persistance dans les faits de cloisonnements entre corps de métier, domaines d’expression divers. Cloisonnements qui ne tiennent pas toujours compte de l’évolution des propositions artistiques.

Pourtant, des approches techniques et esthétiques différentes semblent pouvoir dialoguer et se mêler. Bien que chaque discipline des Arts de la Scène ait son langage propre, les pratiques se croisent et s’enrichissent mutuellement, pour peu que l’on reconnaisse une certaine porosité dans les manières de faire et de créer et qu’elle soit exploitée. Et si, d’un même mouvement, nous nous réunissions par exemple autour d’une table, ronde de préférence, pour mettre des mots sur ce que dramaturges et chorégraphes partagent ou mettent en jeu ?

La dramaturgie continue à faire couler beaucoup d’encre. Elle a en effet sa part dans toute forme de création scénique, quel que soit l’espace de la représentation – du lieu clos, conçu pour, au lieu hors-les-murs, hors cadre -, qu’elle soit théorisée ou simplement intériorisée.

La chorégraphie s’en mêle ou s’en méfie, la défie.

Arts scéniques, avec ou sans dentelle… Théâtre ? Danse ? tout est cependant, à l’origine, affaire de corps et d’interprètes. Et, entre les deux, le plus court chemin n’est pas toujours la ligne droite.

Afin que nos modes d’écriture et de jeu s’interrogent mutuellement, osons donc un pas de côté ensemble.

Bernadette Pourquié – autrice de projets hybrides

 

 

Retour aux actualités

Édito du mois de novembre 2022

Lire Debout.

La lecture grande cause nationale a été décrétée par le Président de la République en 2021 pour l’année 2022. Le constat est sans appel : « 13 millions de personnes n’ont pas accès à la lecture – 2,5 millions de personnes sont en situation d’illettrisme – plus de 90% des ouvrages publiés en France sont inaccessibles aux personnes empêchées de lire du fait de leur handicap. »  Que faire face à cette urgence ? Un collectif d’associations s’est regroupé : « l’Alliance pour la lecture » (dont les E.A.T depuis l’automne 2021) dans l’objectif de croiser expériences, savoir-faire et de développer des propositions pour que la lecture retrouve sa place au cœur de nos préoccupations culturelles. Nous adhérents des E.A.T, pensons que l’écriture dramatique, insuffle l’envie de se réapproprier la lecture. L’objet théâtre, par le jeu, donne, redonne le plaisir de lire et tente de mettre à bas les barrières de certains handicaps. Les autrices et auteurs de théâtre ont cette spécificité de faire entendre la musique de leurs écritures, si singulières. C’est un travail au long cours, qui fait appel à la lecture à voix haute, véritable outil de transmission. Faire lire, aider à lire même lorsque la lecture n’est pas acquise. C’est ambitieux, mais au fil de nos actions nous constatons que cette ambition porte ses fruits. Lors de nos rencontres sur le terrain, nous lisons debout, exigeant ainsi une verticalité. Un engagement du corps pour reconquérir sa dignité et retrouver le courage d’oser sans crainte, sans honte. Oser la découverte d’univers foisonnants qui racontent le monde d’aujourd’hui. Les témoignages de celles et ceux qui ont été confrontés à l’illétrisme et qui en sont sortis, nous invitent à être acteur de cette transformation. Répondre à cet appel, c’est pour chacune et chacun de nous un engagement, celui de faire entendre et partager le goût des mots noir sur blanc.  

Lise Martin autrice et vice-présidente des E.A.T & Dominique Pompougnac auteur et président des E.A.T Occitanie.

 

 

Retour aux actualités

Édito du mois d’octobre 2022

Enseigner la dramaturgie.

Je mène des ateliers d’écriture depuis quelques années sur la proposition de l’autrice Sylvie Chenus qui m’a transmis sa propre conception, dans laquelle il s’agit plus d’accompagner que d’enseigner. Car une fois les règles de base énoncées puis démenties – il y a des personnages ou pas, des dialogues ou pas, une action ou pas, une narration ou pas, une histoire ou des histoires – l’essentiel c’est le théâtre, ce qui fait théâtre. Et pour le savoir, il faut l’éprouver c’est-à-dire lire et faire lire des pièces à voix haute, pour ressentir ce que certaines écritures, certains rythmes, provoquent dans les corps, comment les auteur.ices d’aujourd’hui s’y prennent pour faire surgir l’émotion, grâce à une adresse, du silence, une certaine façon d’assembler les mots, de tordre la langue, pour faire entendre ce qui n’est pas dit. Et une fois qu’on a éprouvé ce qui fait théâtre, une fois balayées les idées qu’on se faisait du théâtre, s’y aventurer en s’inspirant d’une part de toutes les pistes ouvertes par les auteur.ices, et d’autre part de ce qui nous entoure, ce monde dans lequel nous vivons, tenter d’y apporter sa voix personnelle. Et ce matériau, le creuser, l’enrichir en le questionnant et de nouveau lire à voix haute, et faire cette expérience d’entendre son propre texte lu par les autres. Tout est là, ça fonctionne, ou pas. D’abord on écrit et après on travaille. Et le travail consiste avant tout à prendre conscience de ce qu’on a écrit, c’est mon rôle, avec le groupe, de mettre du jeu entre l’écrivant.e et son texte, jeu dans le sens de distance et bien sûr, dans le sens de jouer. 

 

Catherine Benhamou, autrice, mène des ateliers d’écriture à Paris III-Sorbonne Nouvelle dans le cadre de la licence professionnelle de théâtre et à Aleph-écriture.

 

Retour aux actualités

Édito du mois de septembre 2022

L’été passe à la vitesse inouïe d’un TGV et ces derniers mois, l’activité des E.A.T a été particulièrement intense, notamment grâce au désir de chacune et de chacun d’entre nous d’aider les spectateurs à retrouver le chemin des théâtres.

Aussi, je profite de l’emploi du temps provisoirement allégé du mois d’Août pour enfin vous dire merci.

Merci aux adhérentes et adhérents qui ont exprimé leur vote lors de notre Assemblée Générale de juin. Merci à tous les élus et élues de l’association qui, grâce à leur travail patient et engagé, ont permis aux E.A.T de traverser une période extrêmement délicate sans trop de dommage tout en renforçant encore la légitimité de notre organisation vis-à-vis de nos partenaires. Merci aux salariés d’avoir accompagné et facilité le travail du bureau et du Conseil d’Administration dans toutes leurs entreprises. Merci aux membres et aux Présidentes et Présidents de nos comités de lecture, pièces maîtresses dans notre dispositif. Merci à toutes celles et ceux qui ont apporté leur pierre, petite ou grande, à l’édifice commun. Merci aux Présidentes et Présidents de délégation pour leur dynamisme, pour relayer la parole des E.A.T et faire vivre nos causes communes en Région. Merci à nos partenaires de premier rang : à la SACD pour sa confiance et pour son écoute permanente, mais aussi à la Sofia, à la DGCA, au CNL et à la Fondation du Crédit Mutuel. Merci également à l’ANRAT, au CPE, au SNAC, à AF&C, au SNMS, aux Chorégraphes Associé.e.s, à l’AAFA, à la Librairie Théâtrale rue de Marivaux, au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, à l’Alliance pour la Lecture, au Studio ESCA d’Asnières, au Théâtre de l’Opprimé, au studio JLMB et à tous les autres dont la liste est si longue que je ne peux la dresser exhaustivement. Merci à toutes celles et ceux qui privilégient l’action collective à l’intérêt individuel. Merci aussi aux personnes patientes et attentives qui ont nourri mes réflexions en supportant mes longs appels téléphoniques. Merci à toutes celles et ceux qui ont entrepris en Avignon de redonner vie à notre art. Hélas, le bureau et moi-même n’avons pas pu toutes et tous vous visiter malgré tous nos efforts, faute de temps, ce que nous regrettons toujours beaucoup chaque année.

Enfin, un remerciement plus personnel et du fond du cœur aux membres anciens et nouveaux du Conseil d’administration pour m’avoir honoré de leur confiance en me donnant à l’unanimité un nouveau mandat de trois ans pour présider notre association et poursuivre mon engagement au service de notre objet, c’est-à-dire :

  • « Favoriser la création d’œuvres d’écrivains vivants de théâtre d’expression française ».
  • « Affirmer, améliorer, défendre les droits de l’écrivain et ses intérêts moraux et patrimoniaux ainsi que son image ».
  • « Affirmer la présence et la place de l’écrivain dans les institutions et la vie théâtrale en siégeant dans les instances officielles de décision et en étant l’interlocuteur de toute institution nationale ou internationale ».

Parmi les nombreuses missions qui nous échoient, il en est une qui me tient particulièrement à cœur, tant elle est fondamentale aux E.A.T. depuis ses débuts : c’est celle d’accompagner les adhérentes et les adhérents dans leur vie professionnelle, afin de lutter contre le sentiment de solitude qui habite encore trop souvent les écrivaines et écrivains de théâtre face aux vicissitudes du métier.

Soyez toutes et tous assurés que cet objet et ces missions, plus que jamais, m’obligent : j’ai passé l’été à continuer d’y réfléchir en profondeur, accompagné par le bureau et par les salariées de l’association. Voici les fruits de ces réflexions.

La crise sanitaire a dressé un impitoyable état des lieux de nos métiers, tout-en en changeant durablement les conditions d’exercice, les usages et les règles : il est un constat qui paraitra évidence pour les uns et hérésie pour les autres : le métier d’autrice et d’auteur dramatique est de plus en plus contraint par les lois du marché. Cette donnée doit impérativement être prise en compte par les E.A.T sans pour autant se soumettre aux marchands du temple : seule l’action collective peut répondre à ces contraintes et les modifier en notre faveur.

Ainsi, dans un environnement économique où tous les acteurs de la chaine du livre et du spectacle défendent légitimement leurs marges, quoique pour certains d’entre eux pas toujours légalement, beaucoup font mine de considérer que la juste rémunération des autrices et des auteurs est une donnée accessoire ou une variable d’ajustement, relevant pour les grands groupes du secret des affaires ! Ce manque de reconnaissance et de considération conduit beaucoup d’entre nous à concevoir une sorte de complexe d’infériorité qui nous handicape dans nos négociations individuelles.

Devant cet immense chantier, les E.A.T apportent leur contribution au sein du CPE (missionné par le ministère) pour négocier des accords avec le Syndicat National des Editeurs. Dans ce cadre, la répartition de la valeur du livre est un sujet quasi-tabou pour nos interlocuteurs, et les dix pour cent du prix de vente pour l’auteur l’une de nos revendications majeures. Des partenariats avec les autres organisations professionnelles pourront aussi nous amener à dénoncer et à faire supprimer les clauses léonines qui figurent parfois dans certains de nos contrats d’édition. La charte des rémunérations des autrices et auteurs dramatiques constitue un outil indispensable pour tous nos adhérentes et adhérents et sera remise à jour très prochainement afin d’intégrer l’inflation. Puisque nos droits d’auteur relèvent principalement du Droit Commercial, les E.A.T proposeront dans le courant du premier trimestre une session de formation sur les techniques très concrètes de négociation à mettre en œuvre chaque fois que vous discutez un contrat avec tel ou tel partenaire. Concernant la défense des droits et du statut professionnel des autrices et des auteurs, nous espérons aussi consolider nos liens avec ARTCENA afin de déterminer ensemble les synergies possibles et profitables entre cet opérateur majeur et notre organisation.

Pour recréer du lien entre les adhérents et l’association, la formule des mensuelles a été repensée pour être plus festive et éviter les redites concernant les informations transmises par le CA, le bureau, et les délégations : désormais, nos rendez-vous auront lieu tantôt à la Maison des auteurs sous la forme d’un apéro en début de soirée qui fera suite à une réunion du CA, tantôt en visio-conférence afin de permettre la transmission d’une information plus synthétique, une prise de parole facilitée pour nos adhérentes et adhérents, et notamment pour celles et ceux loin de la région parisienne. Parmi ces visio-conférences, une sera exclusivement dédiée aux délégations et à leurs membres.

Au chapitre des actions culturelles et artistiques (dont vous aurez le détail dans les prochains jours), nous continuerons à soutenir nos manifestations phares comme les Question(s) De Théâtre, Texto’Mino, ou les Prix E.A.T. Les Mardis Midis deviennent les Jeudis Midi au Théâtre de l’Opprimé et nous nous réjouissons de la reprise de cette opération emblématique. Nous renouvelons la formule des ateliers de mutualisation. Nous soutiendrons encore via la Fondation du Crédit Mutuel les opérations menées en milieu scolaire et suivrons avec attention le développement des Echappées Belles à la Librairie Théâtrale à Paris. Nous ferons tout notre possible pour aider les initiatives et les évènements de nos délégations. Nous tenterons également de construire un lien par-dessus l’océan avec les autrices et les auteurs francophones caribéens. Nous devrons enfin ne pas oublier les particularités de notre profession quand elle s’exerce dans le cadre des pratiques amateurs.

La pérennité et l’influence des E.A.T dépend de toutes et tous : nous chercherons des sources supplémentaires de financement afin que les E.A.T puissent se doter rapidement d’un cadre salarié. Nous devrons aussi accroitre le nombre des adhérentes et adhérents : chacune et chacun de nous peuvent et doivent participer à cette entreprise prioritaire.  

Plus nombreux, nous sommes plus forts, nous pesons plus lourd, nous avons plus de ressources et de cerveaux afin d’assurer la relève de notre équipe dirigeante (bureau et CA) : les E.A.T doivent plus particulièrement accompagner les jeunes autrices et les jeunes auteurs en début de carrière : c’est une de nos missions et c’est aussi notre intérêt. Après avoir été formés, les actions qu’ils mèneront au sein des E.A.T les renforceront dans l’exercice de leur profession mais sont aussi et surtout notre avenir. Tout doit être entrepris pour étoffer et rajeunir nos rangs : pour notre organisation, c’est un objectif vital !

Enfin, pour achever ce long édito de rentrée et de début de mandat, je n’oublie pas l’essentiel : l’écriture. Dans un monde où les totalitarismes regagnent du terrain sur les démocraties, où les fanatismes l’emportent sur la raison, où la peur ronge la liberté d’expression, où la guerre est à nouveau à nos portes, les écrivaines et écrivains, particulièrement de théâtre, doivent constamment garder à l’esprit qu’elles et ils sont porteurs de pensée, de beauté, de liberté et d’émancipation. Ils sont porteurs de désir et de volonté, de vie et d’humanité.

Continuons à défendre et à porter ces idéaux par l’écriture pour que la lumière subsiste et regagne du terrain sur les obscurités et les obscurantismes. J’ai bien sûr à ce stade et en guise de conclusion une pensée particulière pour Salman Rushdie, victime de l’islamisme.

Je vous souhaite en ce début de saison 2022-2023 dynamisme, volonté, et succès dans chacune de vos entreprises.

Confraternellement,

Vincent Dheygre, Président des E.A.T

Retour aux actualités

Édito du mois de juillet 2022

Marion Aubert et Pauline Peyrade, Responsable pédagogiques du Diplôme Arts et Techniques du théâtre de l’ENSATT

« Des mots, pour des mômes. Sur des mômes. Des petits bouts de vies sortis de la tête d’une autrice, d’un auteur. Comme autant de coquelicots dans un champ de blé. Se dire qu’à chaque instant germent ces histoires. Qu’elles fleurissent. Et avoir la chance de les découvrir. Parfois avant tout le monde. Les partager, ensuite. Les décortiquer. Les relire. Pour être sûr. Ou juste pour le plaisir de faire résonner ces mots, de faire vivre ces personnages. Sortis de la tête d’un auteur, d’une autrice. Voilà ce que, depuis deux ans, j’ai eu le plaisir de vivre en présidant le comité de lecture jeunesse. Et puis savoir que certains seront lus ou portés à la scène, publiés… partagés. Avec des mômes, mais pas que… parce que c’est ça, le théâtre jeunesse : des histoires pour tous et toutes. Cette année, nous avons rencontré quatre-vingt de ces bouts de vies. Forcément nous avons dû faire un choix – le rôle d’un comité de lecture – et n’en retenir que trois. Les mieux structurés, les plus aboutis. Ceux dont les thèmes abordés nous ont semblé les plus pertinents pour nous, et pour un public plus jeune. Il y a la langue aussi. Celle des personnages…qui ne doit pas manquer de justesse. De poésie. D’oralité.

Mais dans chacun, qu’il soit ou non retenu,

Qu’enseigne-t-on dans une école de théâtre ? Que doit-on, que peut-on y apprendre ? L’ENSATT a été conçue dès l’origine, en 1941, comme un centre d’apprentissage devant allier formation au jeu et formations techniques. Aujourd’hui, l’enseignement est organisé en dix départements distincts. Le département d’écriture a été fondé en 2003. En France, à l’époque, aucune école d’art — et moins encore de théâtre — n’offrait de structure d’accompagnement, d’apprentissage et d’expérimentation aux jeunes écrivain.es. L’idée même d’un enseignement possible et nécessaire de l’écriture était alors polémique. Il est depuis largement accepté, et nombre d’écrivain.es sorti.es de l’ENSATT participent de la vitalité de la scène théâtrale.

Le département qu’est-ce que c’est ?

Aujourd’hui, 13 jeunes écrivain.es partagent leur temps, trois ans durant, parmi les 200 étudiant.es et stagiaires de l’école, dans les deux salles dévolues à l’écriture, les studios de répétitions, la bibliothèque… Cette inscription au cœur de l’école permet de penser l’écrivain.e de théâtre comme membre à part entière du collectif. 

Trois ans durant, l’étudiant.e consacre son temps au corps à corps avec l’écriture.

Au cœur du dispositif pédagogique, il y a l’accompagnement des écrits en cours. Il s’agit non pas de transmettre des techniques préexistantes, des modèles, mais de permettre à chaque écrivain.e de constituer sa propre boîte à outils, en fonction de son geste, et du texte qui est en train d’advenir. 

La colonne vertébrale des trois ans d’accompagnement est ce qu’on appelle le « studio ». 

Toutes les six semaines, l’équipe pédagogique (constituée d’écrivain.es dramaturges) et les étudiant.es se retrouvent pendant deux jours autour des projets en cours. L’enjeu n’est pas « d’apprendre à écrire », mais de tenter de comprendre le projet de l’étudiant.e, déplacer sa pensée, ses questionnements. Entrer, par empathie, dans cet espace de tension entre ce que l’écrivain.e veut faire, et ce qu’il fait en réalité. 

A ce titre, le département d’écriture est tout autant un département de lecture.

En plus du studio, le département propose aux étudiant.es plusieurs dispositifs (ouvroirs de traduction, de performance, plongées dans l’œuvre d’écrivain.es…), toujours dans le souci de nourrir leur imaginaire, comprendre dans quelle histoire leur geste s’inscrit. 

Les étudiant.es font aussi l’expérience de la scène au travers de laboratoires croisés avec les autres départements, d’autres écoles de théâtre (en France et à l’étranger), des liens avec des théâtres, et des rendus publics.

En troisième année, du 30 janvier au 4 février 2023, un temps fort est dédié aux écritures des jeunes écrivain.es, et porté par l’ensemble de l’école. Nous vous y attendons, toutes et tous, nombreuses et nombreux ! »

Retour aux actualités

Édito du mois de juin 2022

Philippe Gauthier, Président du Comité de Lecture Jeunesse des Écrivaines et Écrivains Associés du Théâtre (E.A.T)

Des mots, pour des mômes. Sur des mômes. Des petits bouts de vies sortis de la tête d’une autrice, d’un auteur. Comme autant de coquelicots dans un champ de blé. Se dire qu’à chaque instant germent ces histoires. Qu’elles fleurissent. Et avoir la chance de les découvrir. Parfois avant tout le monde. Les partager, ensuite. Les décortiquer. Les relire. Pour être sûr. Ou juste pour le plaisir de faire résonner ces mots, de faire vivre ces personnages. Sortis de la tête d’un auteur, d’une autrice. Voilà ce que, depuis deux ans, j’ai eu le plaisir de vivre en présidant le comité de lecture jeunesse. Et puis savoir que certains seront lus ou portés à la scène, publiés… partagés. Avec des mômes, mais pas que… parce que c’est ça, le théâtre jeunesse : des histoires pour tous et toutes. Cette année, nous avons rencontré quatre-vingt de ces bouts de vies. Forcément nous avons dû faire un choix – le rôle d’un comité de lecture – et n’en retenir que trois. Les mieux structurés, les plus aboutis. Ceux dont les thèmes abordés nous ont semblé les plus pertinents pour nous, et pour un public plus jeune. Il y a la langue aussi. Celle des personnages…qui ne doit pas manquer de justesse. De poésie. D’oralité.

Mais dans chacun, qu’il soit ou non retenu, il y avait ce regard sur le monde, ces questionnements… ce terreau où germent les histoires. Puis, comme un bouquet, mais pas final, Texto’Mino.

Un peu partout, de ces textes lus, entendus, partagés. Des graines semées… un peu partout.

Permettre de voir germer des textes, des autrices et des auteurs. Se dire que, petit à petit, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux. Qu’il y de plus en plus de ces regards sur ce monde de moins en moins…

Une nécessité, indéniablement.

Retour aux actualités

Édito du mois de mai 2022

BENJAMIN OPPERT, ADHÉRENT DES ÉCRIVAINES ET ÉCRIVAINS ASSOCIÉS DU THÉÂTRE

« La lecture, grande cause nationale pour les publics empêchés » : des personnes handicapées, des personnes âgées, des migrants, des jeunes travailleurs… Empêchés par quoi, par qui ? Le manque d’accessibilité des formats de lecture, les capacités hors-normes d’un grand nombre de lecteurs potentiels…

Beaucoup de personnes en situation de handicap mental peuvent accéder uniquement à des textes écrits en FALC (Facile A Lire et à Comprendre). Il s’agit d’une méthode qui traduit un langage classique en langage simplifié. Des pièces de théâtre écrites en FALC permettent non seulement à des personnes déficientes intellectuelles de pratiquer la lecture en groupe mais aussi d’intégrer des femmes et des hommes qui n’ont pas la capacité cognitive de lire, en leur faisant répéter des répliques ou des bruitages. Chacune et chacun a un rôle. La lecture collective permet de partager des rires, des progrès, de la confiance en soi avec des résultats spectaculaires ! Pendant quelques heures, les participants aux ateliers sont d’autres êtres, réalistes ou de composition. Ils quittent leur quotidien, s’évadent, dépassent autant que possible leurs obsessions et leurs angoisses pour devenir enfin eux-mêmes. Ils redemandent sans cesse ce carburant de lecture qui contribue à les faire avancer. Inspirants, ils nous donnent à lire une humanité d’une gentillesse et d’une innocence désarmantes.

Il est fondamental d’accompagner cette démarche pour aller chercher et garder dans la société des publics empêchés, qu’ils soient handicapés, âgés, migrants, en écrivant pour eux, en lisant avec eux ! Tout au long de l’année, les EAT mènent ces actions concrètes ! Pour les amplifier, l’Alliance pour la lecture, en charge de la grande cause nationale, lance un appel aux dons ! Donnons pour l’accessibilité culturelle ! Donnons pour empêcher l’exclusion !

Retour aux actualités

Édito du mois d’avril 2022

Vincent Dheygre, Président des Écrivaines et Écrivains Associés du Théâtre 

Au printemps de leur existence, les Écrivains Associés du Théâtre deviennent les Écrivaines et Écrivains Associés du théâtre. 

Ce ne fut pas une mince affaire que de trouver un intitulé respectant à la fois les usages multiséculaires de la langue française, et la nécessaire évolution de notre enseigne au sein d’un mouvement sociétal irrésistible, sans pour autant céder aux diverses idéologies de l’échiquier politique en période d’élections présidentielles.

Mais après vote unanime de notre Conseil d’Administration, et deux passages en Assemblée Générale Extraordinaire devant les adhérentes et les adhérents qui se sont exprimés en grande majorité pour ce changement, les E.A.T. ont accompli cette mue, non par Feminism Washing, mais pour s’inscrire résolument au sein de leur époque tout en préservant l’héritage de la langue française dont nous sommes aussi dépositaires, ce qui nous a incités à remettre à l’honneur le mot  « écrivaine ».

D’après le remarquable et irremplaçable Dictionnaire Historique de la langue française, « Écrivain » a longtemps été sans féminin, d’où la mise en apposition, une femme écrivain. Une écrivaine, relevé dès le XIVe siècle sous la forme escripvaine , puis à partir de 1639, d’écrivaine, a été repris au XIXe siècle, le plus souvent par plaisanterie ou dérision, par exemple chez Colette au XXème siècle, puis par volonté de féminisation. » C’est dire si la question vient de loin ! Cette définition et le fait que les « non » exprimés en votes par correspondance soient des votes féminins, doivent, à mon avis, nous inciter toutes et tous à la réflexion et à l’humilité.

Bref, il existe beaucoup de bonnes raisons d’avoir procédé à cette réforme mais je veux en retenir deux, issues de la consultation de ma fille de bientôt dix-huit ans, férue de « HGGSP » (Histoire Géographie Géopolitique et Sciences Politiques) et de « SES » (Sciences Economiques et Sociales) : d’une part « c’est l’évidence », et d’autre part « les femmes [présentes dans nos rangs] y trouvent la reconnaissance de leur place au sein de notre profession.»

Ainsi, en ce printemps 2022, les E.A.T ont presque achevé leur mue : sur ces trois derniers années, malgré des circonstances très défavorables, en s’appuyant sur les salariées, les bénévoles, les élus et les Délégations, -qu’ils en soient toutes et tous ici et encore une fois sincèrement remerciés-, nous avons renforcé notre fonctionnement, musclé notre communication interne et externe, obtenu de nouvelles sources de financement, adapté nos pratiques associatives à la crise sanitaire, initié de nouvelles manifestations, maintenu la plupart des anciennes, assis notre légitimité et notre expertise en participant activement à la réforme du statut des artistes-auteurs, affirmé ou réaffirmé nos liens avec nos partenaires (SACD, SOFIA, DGCA, CNL, Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture, SNMS, AAFA, CPE, SNAC,…), négocié et mis en œuvre une solidarité active à l’égard de l’ensemble des autrices et auteurs dramatiques, défendu le droit d’auteur et nos droits sociaux, et cette liste n’est pas exhaustive !

Nous l’avons fait pour le théâtre et l’écriture dramatique, pour la chaleur et la richesse de nos manifestations, comme lors de la première session de cette Échappée Belle à la Librairie théâtrale, en présence de Céline Bernard, Marc-Emmanuel Soriano, Eric Fottorino, et notre cher ami Matéi Visniec.

Le site actuel des E.A.T mis en ligne voilà presque dix ans, -ce qui en matière de communication numérique est une éternité !- ne répondait plus aux besoins de notre organisation : interface tarabiscotée, gestion erratique du back-office, couleurs et design démodés, nous devions dans ce domaine clef nous doter d’un nouveau site plus conforme à nos objectifs et à notre stratégie. Nous avons souhaité donner à l’association un outil majeur de communication entièrement repensé, mieux structuré, plus efficace dans l’accès à l’information et plus apte à être la vitrine de nos actions. Sa conception, dans toutes ses fonctionnalités, a demandé des échanges multiples entre et avec l’agence Minit-l, le bureau, le CA, les délégations, et surtout avec notre chargée de communication Lucile Thomas qui a consacré une grande partie de son temps de travail et de son engagement à cette aventure. Nous espérons toutes et tous que le résultat sera à la hauteur de vos attentes et de celles de nos partenaires.

Qui dit nouveau site dit nouvelle identité visuelle, nouvelle charte graphique et nouveau logo : chaque élément de cette mini-liste a été examiné, testé, discuté et le logo qui en découle en dit long sur le travail considérable qui a été effectué en sus du travail quotidien nécessaire au fonctionnement des E.A.T. La mue de printemps de notre association, la fabrication de son nouveau costume de scène, sont enfin achevées ! Toutes celles et ceux qui ont participé de près ou de loin à l’élaboration de ce site espèrent que vous en apprécierez le design et l’ergonomie.

Nous devons maintenant préparer l’avenir, inciter de nouvelles adhérentes et de nouveaux adhérents, jeunes écrivaines et écrivains, à rejoindre nos rangs afin de favoriser et soutenir leurs engagements individuels, mais surtout affirmer que la seule action susceptible d’améliorer notre sort en période de crises majeures est l’action collective : ce nouveau site est aussi l’outil qui nous permettra d’atteindre ces objectifs vitaux pour l’association. 

Il est également indispensable pendant les prochaines années que nos adhérentes et adhérents se forment au fonctionnement de notre association en prenant la relève au sein du Conseil d’Administration et du bureau.

Présentez-vous, débattez, discutez, candidatez, votez afin d’écrire les prochaines pages de la belle aventure des E.A.T et que le printemps devienne l’été !

Rejoignez-nous sur nos réseaux sociaux

Restez informés sur l’actualité des E.A.T
en vous inscrivant à notre newsletter