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Édito du mois de juillet 2022

Marion Aubert et Pauline Peyrade, Responsable pédagogiques du Diplôme Arts et Techniques du théâtre de l’ENSATT

« Des mots, pour des mômes. Sur des mômes. Des petits bouts de vies sortis de la tête d’une autrice, d’un auteur. Comme autant de coquelicots dans un champ de blé. Se dire qu’à chaque instant germent ces histoires. Qu’elles fleurissent. Et avoir la chance de les découvrir. Parfois avant tout le monde. Les partager, ensuite. Les décortiquer. Les relire. Pour être sûr. Ou juste pour le plaisir de faire résonner ces mots, de faire vivre ces personnages. Sortis de la tête d’un auteur, d’une autrice. Voilà ce que, depuis deux ans, j’ai eu le plaisir de vivre en présidant le comité de lecture jeunesse. Et puis savoir que certains seront lus ou portés à la scène, publiés… partagés. Avec des mômes, mais pas que… parce que c’est ça, le théâtre jeunesse : des histoires pour tous et toutes. Cette année, nous avons rencontré quatre-vingt de ces bouts de vies. Forcément nous avons dû faire un choix – le rôle d’un comité de lecture – et n’en retenir que trois. Les mieux structurés, les plus aboutis. Ceux dont les thèmes abordés nous ont semblé les plus pertinents pour nous, et pour un public plus jeune. Il y a la langue aussi. Celle des personnages…qui ne doit pas manquer de justesse. De poésie. D’oralité.

Mais dans chacun, qu’il soit ou non retenu,

Qu’enseigne-t-on dans une école de théâtre ? Que doit-on, que peut-on y apprendre ? L’ENSATT a été conçue dès l’origine, en 1941, comme un centre d’apprentissage devant allier formation au jeu et formations techniques. Aujourd’hui, l’enseignement est organisé en dix départements distincts. Le département d’écriture a été fondé en 2003. En France, à l’époque, aucune école d’art — et moins encore de théâtre — n’offrait de structure d’accompagnement, d’apprentissage et d’expérimentation aux jeunes écrivain.es. L’idée même d’un enseignement possible et nécessaire de l’écriture était alors polémique. Il est depuis largement accepté, et nombre d’écrivain.es sorti.es de l’ENSATT participent de la vitalité de la scène théâtrale.

Le département qu’est-ce que c’est ?

Aujourd’hui, 13 jeunes écrivain.es partagent leur temps, trois ans durant, parmi les 200 étudiant.es et stagiaires de l’école, dans les deux salles dévolues à l’écriture, les studios de répétitions, la bibliothèque… Cette inscription au cœur de l’école permet de penser l’écrivain.e de théâtre comme membre à part entière du collectif. 

Trois ans durant, l’étudiant.e consacre son temps au corps à corps avec l’écriture.

Au cœur du dispositif pédagogique, il y a l’accompagnement des écrits en cours. Il s’agit non pas de transmettre des techniques préexistantes, des modèles, mais de permettre à chaque écrivain.e de constituer sa propre boîte à outils, en fonction de son geste, et du texte qui est en train d’advenir. 

La colonne vertébrale des trois ans d’accompagnement est ce qu’on appelle le « studio ». 

Toutes les six semaines, l’équipe pédagogique (constituée d’écrivain.es dramaturges) et les étudiant.es se retrouvent pendant deux jours autour des projets en cours. L’enjeu n’est pas « d’apprendre à écrire », mais de tenter de comprendre le projet de l’étudiant.e, déplacer sa pensée, ses questionnements. Entrer, par empathie, dans cet espace de tension entre ce que l’écrivain.e veut faire, et ce qu’il fait en réalité. 

A ce titre, le département d’écriture est tout autant un département de lecture.

En plus du studio, le département propose aux étudiant.es plusieurs dispositifs (ouvroirs de traduction, de performance, plongées dans l’œuvre d’écrivain.es…), toujours dans le souci de nourrir leur imaginaire, comprendre dans quelle histoire leur geste s’inscrit. 

Les étudiant.es font aussi l’expérience de la scène au travers de laboratoires croisés avec les autres départements, d’autres écoles de théâtre (en France et à l’étranger), des liens avec des théâtres, et des rendus publics.

En troisième année, du 30 janvier au 4 février 2023, un temps fort est dédié aux écritures des jeunes écrivain.es, et porté par l’ensemble de l’école. Nous vous y attendons, toutes et tous, nombreuses et nombreux ! »

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Édito du mois de juin 2022

Philippe Gauthier, Président du Comité de Lecture Jeunesse des Écrivaines et Écrivains Associés du Théâtre (E.A.T)

Des mots, pour des mômes. Sur des mômes. Des petits bouts de vies sortis de la tête d’une autrice, d’un auteur. Comme autant de coquelicots dans un champ de blé. Se dire qu’à chaque instant germent ces histoires. Qu’elles fleurissent. Et avoir la chance de les découvrir. Parfois avant tout le monde. Les partager, ensuite. Les décortiquer. Les relire. Pour être sûr. Ou juste pour le plaisir de faire résonner ces mots, de faire vivre ces personnages. Sortis de la tête d’un auteur, d’une autrice. Voilà ce que, depuis deux ans, j’ai eu le plaisir de vivre en présidant le comité de lecture jeunesse. Et puis savoir que certains seront lus ou portés à la scène, publiés… partagés. Avec des mômes, mais pas que… parce que c’est ça, le théâtre jeunesse : des histoires pour tous et toutes. Cette année, nous avons rencontré quatre-vingt de ces bouts de vies. Forcément nous avons dû faire un choix – le rôle d’un comité de lecture – et n’en retenir que trois. Les mieux structurés, les plus aboutis. Ceux dont les thèmes abordés nous ont semblé les plus pertinents pour nous, et pour un public plus jeune. Il y a la langue aussi. Celle des personnages…qui ne doit pas manquer de justesse. De poésie. D’oralité.

Mais dans chacun, qu’il soit ou non retenu, il y avait ce regard sur le monde, ces questionnements… ce terreau où germent les histoires. Puis, comme un bouquet, mais pas final, Texto’Mino.

Un peu partout, de ces textes lus, entendus, partagés. Des graines semées… un peu partout.

Permettre de voir germer des textes, des autrices et des auteurs. Se dire que, petit à petit, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux. Qu’il y de plus en plus de ces regards sur ce monde de moins en moins…

Une nécessité, indéniablement.

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Édito du mois de mai 2022

BENJAMIN OPPERT, ADHÉRENT DES ÉCRIVAINES ET ÉCRIVAINS ASSOCIÉS DU THÉÂTRE

« La lecture, grande cause nationale pour les publics empêchés » : des personnes handicapées, des personnes âgées, des migrants, des jeunes travailleurs… Empêchés par quoi, par qui ? Le manque d’accessibilité des formats de lecture, les capacités hors-normes d’un grand nombre de lecteurs potentiels…

Beaucoup de personnes en situation de handicap mental peuvent accéder uniquement à des textes écrits en FALC (Facile A Lire et à Comprendre). Il s’agit d’une méthode qui traduit un langage classique en langage simplifié. Des pièces de théâtre écrites en FALC permettent non seulement à des personnes déficientes intellectuelles de pratiquer la lecture en groupe mais aussi d’intégrer des femmes et des hommes qui n’ont pas la capacité cognitive de lire, en leur faisant répéter des répliques ou des bruitages. Chacune et chacun a un rôle. La lecture collective permet de partager des rires, des progrès, de la confiance en soi avec des résultats spectaculaires ! Pendant quelques heures, les participants aux ateliers sont d’autres êtres, réalistes ou de composition. Ils quittent leur quotidien, s’évadent, dépassent autant que possible leurs obsessions et leurs angoisses pour devenir enfin eux-mêmes. Ils redemandent sans cesse ce carburant de lecture qui contribue à les faire avancer. Inspirants, ils nous donnent à lire une humanité d’une gentillesse et d’une innocence désarmantes.

Il est fondamental d’accompagner cette démarche pour aller chercher et garder dans la société des publics empêchés, qu’ils soient handicapés, âgés, migrants, en écrivant pour eux, en lisant avec eux ! Tout au long de l’année, les EAT mènent ces actions concrètes ! Pour les amplifier, l’Alliance pour la lecture, en charge de la grande cause nationale, lance un appel aux dons ! Donnons pour l’accessibilité culturelle ! Donnons pour empêcher l’exclusion !

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Édito du mois d’avril 2022

Vincent Dheygre, Président des Écrivaines et Écrivains Associés du Théâtre 

Au printemps de leur existence, les Écrivains Associés du Théâtre deviennent les Écrivaines et Écrivains Associés du théâtre. 

Ce ne fut pas une mince affaire que de trouver un intitulé respectant à la fois les usages multiséculaires de la langue française, et la nécessaire évolution de notre enseigne au sein d’un mouvement sociétal irrésistible, sans pour autant céder aux diverses idéologies de l’échiquier politique en période d’élections présidentielles.

Mais après vote unanime de notre Conseil d’Administration, et deux passages en Assemblée Générale Extraordinaire devant les adhérentes et les adhérents qui se sont exprimés en grande majorité pour ce changement, les E.A.T. ont accompli cette mue, non par Feminism Washing, mais pour s’inscrire résolument au sein de leur époque tout en préservant l’héritage de la langue française dont nous sommes aussi dépositaires, ce qui nous a incités à remettre à l’honneur le mot  « écrivaine ».

D’après le remarquable et irremplaçable Dictionnaire Historique de la langue française, « Écrivain » a longtemps été sans féminin, d’où la mise en apposition, une femme écrivain. Une écrivaine, relevé dès le XIVe siècle sous la forme escripvaine , puis à partir de 1639, d’écrivaine, a été repris au XIXe siècle, le plus souvent par plaisanterie ou dérision, par exemple chez Colette au XXème siècle, puis par volonté de féminisation. » C’est dire si la question vient de loin ! Cette définition et le fait que les « non » exprimés en votes par correspondance soient des votes féminins, doivent, à mon avis, nous inciter toutes et tous à la réflexion et à l’humilité.

Bref, il existe beaucoup de bonnes raisons d’avoir procédé à cette réforme mais je veux en retenir deux, issues de la consultation de ma fille de bientôt dix-huit ans, férue de « HGGSP » (Histoire Géographie Géopolitique et Sciences Politiques) et de « SES » (Sciences Economiques et Sociales) : d’une part « c’est l’évidence », et d’autre part « les femmes [présentes dans nos rangs] y trouvent la reconnaissance de leur place au sein de notre profession.»

Ainsi, en ce printemps 2022, les E.A.T ont presque achevé leur mue : sur ces trois derniers années, malgré des circonstances très défavorables, en s’appuyant sur les salariées, les bénévoles, les élus et les Délégations, -qu’ils en soient toutes et tous ici et encore une fois sincèrement remerciés-, nous avons renforcé notre fonctionnement, musclé notre communication interne et externe, obtenu de nouvelles sources de financement, adapté nos pratiques associatives à la crise sanitaire, initié de nouvelles manifestations, maintenu la plupart des anciennes, assis notre légitimité et notre expertise en participant activement à la réforme du statut des artistes-auteurs, affirmé ou réaffirmé nos liens avec nos partenaires (SACD, SOFIA, DGCA, CNL, Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture, SNMS, AAFA, CPE, SNAC,…), négocié et mis en œuvre une solidarité active à l’égard de l’ensemble des autrices et auteurs dramatiques, défendu le droit d’auteur et nos droits sociaux, et cette liste n’est pas exhaustive !

Nous l’avons fait pour le théâtre et l’écriture dramatique, pour la chaleur et la richesse de nos manifestations, comme lors de la première session de cette Échappée Belle à la Librairie théâtrale, en présence de Céline Bernard, Marc-Emmanuel Soriano, Eric Fottorino, et notre cher ami Matéi Visniec.

Le site actuel des E.A.T mis en ligne voilà presque dix ans, -ce qui en matière de communication numérique est une éternité !- ne répondait plus aux besoins de notre organisation : interface tarabiscotée, gestion erratique du back-office, couleurs et design démodés, nous devions dans ce domaine clef nous doter d’un nouveau site plus conforme à nos objectifs et à notre stratégie. Nous avons souhaité donner à l’association un outil majeur de communication entièrement repensé, mieux structuré, plus efficace dans l’accès à l’information et plus apte à être la vitrine de nos actions. Sa conception, dans toutes ses fonctionnalités, a demandé des échanges multiples entre et avec l’agence Minit-l, le bureau, le CA, les délégations, et surtout avec notre chargée de communication Lucile Thomas qui a consacré une grande partie de son temps de travail et de son engagement à cette aventure. Nous espérons toutes et tous que le résultat sera à la hauteur de vos attentes et de celles de nos partenaires.

Qui dit nouveau site dit nouvelle identité visuelle, nouvelle charte graphique et nouveau logo : chaque élément de cette mini-liste a été examiné, testé, discuté et le logo qui en découle en dit long sur le travail considérable qui a été effectué en sus du travail quotidien nécessaire au fonctionnement des E.A.T. La mue de printemps de notre association, la fabrication de son nouveau costume de scène, sont enfin achevées ! Toutes celles et ceux qui ont participé de près ou de loin à l’élaboration de ce site espèrent que vous en apprécierez le design et l’ergonomie.

Nous devons maintenant préparer l’avenir, inciter de nouvelles adhérentes et de nouveaux adhérents, jeunes écrivaines et écrivains, à rejoindre nos rangs afin de favoriser et soutenir leurs engagements individuels, mais surtout affirmer que la seule action susceptible d’améliorer notre sort en période de crises majeures est l’action collective : ce nouveau site est aussi l’outil qui nous permettra d’atteindre ces objectifs vitaux pour l’association. 

Il est également indispensable pendant les prochaines années que nos adhérentes et adhérents se forment au fonctionnement de notre association en prenant la relève au sein du Conseil d’Administration et du bureau.

Présentez-vous, débattez, discutez, candidatez, votez afin d’écrire les prochaines pages de la belle aventure des E.A.T et que le printemps devienne l’été !

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