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Édito de novembre 2026

Sans nous laisser démonter par l’escalade des désengagements financiers et un fatalisme destructeur, les EAT font de la solidarité et du partenariat leur cheval de Troie. Ils réaffirment la nécessité d’un théâtre jeunesse à la hauteur des rêves des dramaturges et de leurs publics.

Au sein de la plateforme Propulsions, ils travaillent à la diffusion des textes sélectionnés par leur comité de lecture jeunesse. Avec l’ANRAT1 et bientôt la MGI2, ils coaniment des lectures et des manifestations sur ce théâtre. Présents au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse à Montreuil3 fin novembre, ils partageront avec les jeunes lecteurs cette question des frontières du réel, qui questionnera les coprésences dans nos vies et nos fictions, de mondes parallèles. Le portage du 1er juin des Ecritures Théâtrales jeunesse4 en 2027 entendra consolider la visibilité des auteurs et des autrices de ce répertoire, lors de rencontres avec les dramaturges et leurs lectorats. 

Ces actions ne reflètent pas seulement la conformité à un cahier des charges, mais plutôt la nécessité absolue de faire connaître et partager ce théâtre indispensable.

En effet, une question se pose aujourd’hui avec acuité : le théâtre en général et en particulier le théâtre jeunesse ne seraient-ils pas des facteurs d’amélioration de la vie quotidienne, de la santé mentale, dont la stabilité fait souci au sein de la population ? Aristote en théorisant l’imitation et la catharsis avait déjà apporté des réponses sur la purgation des passions, Descartes sur la maîtrise acquise par le spectacle des « histoires lamentables », qui, paradoxalement, nous enseignent la force en nous entraînant à les supporter dans notre vie. 

En multipliant les venues aux spectacles, le jeune public élargit ses modes de réflexion, de comportements et peut trouver des solutions cognitives à ses inquiétudes, ses questionnements grâce à la fiction. Nul doute que le théâtre ne soigne, non seulement par la catharsis (la purgation) et l‘épistémè (la connaissance), mais aussi par la pratique de cet art qui induit une augmentation de la force et de la joie. 

Enfin, la dimension collectivedu théâtre fonde le partage et la mise en commun de la pensée. Ceux-ci constituent le socle de la démocratie, du débat public, de l’empathie et enseignent à vivre avec les autres dans leur proximité et leur différence. Ceci n’est pas un catéchisme ou une prophétie autoréalisatrice, mais le fruit d’une expérience séculaire étayée par les philosophes, les dramaturges, les thérapeutes, les professeurs et les publics.  

La fréquentation des spectacles, outre ces effets merveilleux, est aussi prolongée par la rencontre avec les artistes en classe, dans les ateliers d’écriture théâtrale ou de pratique artistique, les rendez-vous des bords plateaux. Tout ceci ne peut que renforcer le bien-être des lecteurs et des spectateurs grâce à l’euphorie du travail collectif. 

Nous sommes donc tous augmentés par le théâtre. Excellente nouvelle. 

Un seul mot d’ordre doit donc désormais nous habiter : Augmentons-nous ! 

Dominique Paquet, secrétaire générale des E.A.T


1 https://anrat.net/
2 https://www.mgi-paris.org/
3 https://slpj.fr/salon/
4 https://www.eatheatre.fr/fiche_actualite/communique-de-presse-1er-juin-des-ecritures-theatrales-jeunesse/

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