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Édito d’octobre 2026 : Le Centre National du Livre en danger


Après une baisse significative de son budget, le Centre National du Livre fait face à présent à une proposition de loi sénatoriale préconisant de le dissoudre et de le fondre dans le ministère de la Culture.
C’est une menace grave et inquiétante.
Le CNL existe depuis 1946 soit plus de dix ans avant le premier ministère de la Culture… Créé dans la mouvance de l’Éducation populaire, son existence a été rendue possible par la mise en place de la décentralisation et de l’exigence portée par Jean Zay.
Je parle de là où je suis, c’est à dire au milieu des écrivaines et écrivains du théâtre.
Le CNL est un exemple de redistribution, soutenant celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Le CNL permet d’organiser des manifestations littéraires dans une pléiade de lieux culturels où, sans lui, en particulier en milieu rural, ou ultramarin, rien n’existerait, ni rencontres avec les artistes auteurs, ni lectures, ni conférences…
Le CNL permet aux jeunes de notre pays, présents ou sortis du monde scolaire, de fréquenter le livre et la lecture autrement, en échangeant directement avec des artistes auteurs, en pratiquant avec eux la lecture à haute voix, en s’initiant avec eux à l’art d’écrire, leur faisant vivre la langue française, sa diversité et son histoire…
Grâce aux bourses et aux résidences d’écriture, le CNL soutient aussi et avec justesse les artistes auteurs exigeants, reconnus de leurs pairs mais éloignés du monde médiatique, notamment les poètes et les écrivaines et écrivains de théâtre.
Nous saluons la compétence de ses comités de lecture.
Le CNL consolide l’existence des Salons dédiés à la littérature, aide les petites maisons d’édition à élargir leur catalogue et leurs lectorats, soutient les libraires passionnés (et donc leurs lecteurs), irrigue les territoires ruraux éloignés des bibliothèques. La compétence de ses agents n’est plus à démontrer.
Le CNL nous aide à rencontrer notre public, à faire rayonner nos textes partout dans le monde, à générer des droits d’auteur. Les finances que l’État lui octroie dynamisent l’économie culturelle de notre pays.
Le CNL est une agence indépendante. Ses critères de décision ne concernent que les enjeux littéraires, la promotion du livre et de la lecture et donc le renforcement de la démocratie.
Le dissoudre serait l’arrimer à un ministère, à un gouvernement, à l’éventualité de décisions partisanes.
Continuons à être mobilisés pour penser l’avenir et le CNL nous y aide. Ne laissons pas régner sur le monde de l’édition les seuls grands groupes pour lesquels la richesse et la diversité de la langue française (et en particulier le texte théâtral) ne sont que secondaires.

Jean-Benoît Patricot, président des E.A.T

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